Les herbiers marins


A la différence des mangroves, bien visibles, et des récifs coralliens emblématiques, les herbiers marins forment un habitat naturel peu connu. Ils jouent pourtant un rôle fondamental pour les milieux marins côtiers. Lieu de vie, de nourriture et de refuge pour les juvéniles de nombreuses espèces de poissons, ils participent également à la protection de nos côtes lors des cyclones.

Qu’est-ce que c’est ?

On appelle herbiers marins un ensemble de plantes phanérogames, c’est-à-dire dont les organes de reproduction sont visibles, contrairement aux algues. Ils sont présents dans les petits fonds côtiers. On en recense sept espèces différentes dans les Caraïbes, dont quatre sont endémiques.

La Guadeloupe abrite principalement deux espèces remarquables :

  • Thalassia testudinum – ou « herbe à tortue » – qu’on peut trouver jusqu’à dix mètres de profondeur, et
  • Syringodium filiforme – « herbe à lamentin » – jusqu’à trente mètres de profondeur.

Situés entre les mangroves et les récifs coralliens, les herbiers jouent un rôle essentiel et complémentaire à ceux de ces milieux. Leur situation permet la stabilisation des fonds marins et limite l’érosion du littoral : ils retiennent les sédiments et atténuent la houle cyclonique et les courants  lors des tempêtes.

Ils ont un rôle de refuge et garde-manger pour de nombreuses espèces de poissons qui se nourrissent des nutriments ainsi piégés. Ils garantissent ainsi la biodiversité des petits fonds côtiers : la bonne santé des herbiers permet le maintien des activités de pêche (en Guadeloupe, chaque habitant consomme 35 kg de poissons par an).

Relativement proches de la surface, les herbiers sont également capables de photosynthèse et stockent le CO2 (pour la Guadeloupe, environ 15% du CO2 en milieu marin est stocké de cette manière).

Où les trouve-t-on ?

Les herbiers vivent entre 5 et 30 mètres de profondeur. En Guadeloupe, ils se trouvent dans le Grand Cul-de-sac Marin, le Petit Cul-de-sac Marin, le long de la façade sud de Grande-Terre, et autour de la Basse-Terre.

On compte 968 hectares d’herbiers denses et 332 hectares d’herbiers à faible densité.

Faune et Flore Associées

On trouve dans les herbiers des micro-organismes qui s’y accrochent et dont de nombreuses espèces sont friandes.

En Guadeloupe, ce sont près de 120 espèces de poissons qui ont été recensées dans les zones d’herbiers ! Les juvéniles y sont particulièrement représentés, notamment à proximité des zones de mangrove.

Parmi la faune remarquable de ce milieu naturel on trouve les tortues vertes, les lambis et les oursins blancs.

Quelles menaces ?

En Guadeloupe, seuls 15% des herbiers sont en bonne santé. L’état de santé d’un herbier peut être déterminé grâce à divers critères, parmi lesquels l’évolution de sa surface et des espèces animales présentes, la présence d’algues ou une sédimentation excessive.

Ils doivent faire face à deux types de menaces :

  • le changement climatique (augmentation de la température de l’eau, augmentation du niveau de la mer et violence accrue des cyclones) qui soumet les herbiers à des risques d’eutrophisation (invasion d’algues), d’arrachement, et de sédimentation excessive empêchant le processus de photosynthèse.
  • l’impact des activités humaines est important : constructions sur le littoral, pollution (notamment par les déchets plastiques), activités sportives et de plaisance (ancre des bateaux), méconnaissance du milieu et de sa fragilité.

Statut de protection

Les herbiers des Caraïbes sont sous la protection de la « Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes », signée à Carthagène (Colombie) le 24 mars 1983.

Trois protocoles internationaux sont venus préciser les champs d’application de la Convention :

  • en 1984 : un protocole pour la coopération internationale en cas de pollution aux hydrocarbures (signé par la France en 1985) ;
  • en 1990 : un protocole relatif à la faune et à la flore des aires protégées (signé par la France en 2002)
  • en 1999 : un protocole relatif à la pollution par des sources et des activités terrestres (signé par la France en 2007).
Crédits photographiques : Guillaume ARICIQUE,  GPMG.
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